Ouvrir un ranch, c’est un rêve d’enfance que Guillaume Mazureck a accompli en 2017. «Je cherchais à m’installer en Centre-Bretagne, parce que j’aime beaucoup la région. Venant de Picardie, j’ai acheté une ferme à Kerflouz, à Gourin, par hasard, sans connaître le lien particulier qui unit cette ville à l’Amérique !», explique-t-il.

Comme dans un authentique ranch des états-Unis, Guillaume élève des vaches (il a toutefois choisi une race française, la Salers, pour la qualité de sa viande). Il utilise aussi son cheval régulièrement pour déplacer son troupeau: «Bien sûr, ce ne sont pas de grands espaces, je n’ai que 21 hectares, donc je vais aussi souvent à pied!». La viande est vendue en vente directe, soit sur place, soit par livraison.

Il propose des stages d’équitation ou de maniement de lasso et intervient pour le dressage des chevaux: «Souvent, c’est autant le cavalier que la monture qu’il faut éduquer. Beaucoup de gens regardent, mais ne savent pas voir les petits signes qui montrent les émotions du cheval».

Il est également maréchal-ferrant depuis 15 ans.

Enfin, l’une de ses passions est le travail du cuir et du métal. Il aime par exemple fabriquer des selles sur mesure. «En France, c’est assez rare que des gens achètent une selle artisanale, qui peut coûter entre 5000 et 10000 euros! Aux USA, il y a encore des cow-boys qui passent la journée à cheval, et ce sera pour eux l’investissement d’une vie. Une selle de qualité apportera durabilité et confort pour le cavalier et sa monture. Elle est aussi assez solide pour être utilisée avec un lasso.»

Guillaume propose beaucoup d’autres objets artisanaux: des accessoires pour l’équitation, mais aussi des portefeuilles, des ceintures, des sacs, des mocassins… «Je m’adapte à toutes les demandes!». Certaines pièces sont de petites merveilles, tels ces éperons en acier damassé. Pour sa ferme, il forge aussi ses propres outils.

Il a déjà effectué un séjour dans l’Utah, et les paysages, entre neiges éternelles et désert, l’ont fasciné. Il espère d’ailleurs pouvoir retourner aux USA pour rencontrer des artisans et parfaire ses connaissances. En attendant, en plus de vendre sur Facebook, il vient d’aménager un espace de vente dans son ranch, où les clients peuvent retrouver sa production.

Olof Alexandersson